La vie écolo à Atsinkoi

« Mon beau village » est un concept touristique Solidaire et participatif basé sur la promotion et la valorisation des villages créé en mai 2020

“Mon Beau village”,situé dans la région des lagunes dans le département d’Alépé à ATSINKOI au bord de la lagune Aghien est le projet de Mr ACHI qui met fin à une carrière dans la communication pour se consacrer entièrement à sa passion: l’écotourisme.

Pour l’histoire,durant la colonisation, le village d’Atsinkoi qui abrite “mon beau village” est un village crée par Atsin dont la sœur était mariée à un colon. Ensemble, ils se sont installés à quelques mètres à côté du site, de l’autre côté de la lagune pour créer leur propre village.

La sœur de Atsin après la mort de son mari s’est remariée à Assô qui lui à son tour fonde le village Assokro situé toujours aux alentours du site « Mon Beau village » qui propose un tourisme Solidaire et participatif.

Bar Rustique

Les hôtes ont le privilège de faire des escales dans ces villages de la famille d’Atsin pendant les randonnées. Chaque escale est une nouvelle découverte, les visiteurs sont invités à participer aux activités en cours dans les différents villages de la localité comme la cuisine, la pêche, la récolte, la construction des cases en banco ou en terre battue ou même l’extraction du vin de palme.

Extraction de vin de palme.
Case en terre battue

Déja à lentrée,un charmant bar rustique en bambou érigé sous un arbre ou sont disposées des bouteilles de boisson locales annonce les couleurs.🍹🤩

Forêt luxuriante,air pur,lagune propre et protégée tout est reuni pour vous faire vivre des instants écolo comme on les apprécie.

La vaisselle sur le site est en calebasse, noix de coco, terre cuite ou en bambou.

En y allant,n’emmenez surtout pas du plastique❌ avec vous et prenez soin de respecter la nature dans tout son ensemble !

Verre à liqueur en terre cuite.
Paille à cocktail en bambou

L’un des points fort est la cuisine tout aussi goûteuse,généreuse que saine avec des produits locaux.

Des légumes bio cultivés sur place ou le poisson à peine pêché dans la lagune. Coup de cœur : l’alloco frit à l’huile rouge authentique et le vin de palme d’une qualité exceptionnelle!

Alloco frit à l’huile rouge

Si vous êtes fan d’écotourisme, de voyages solidaires et responsables, n’hésitez pas à planifier un séjour écolo, authentique et dépaysant dans cette partie de la lagune Aghién, où le vent berce les palmes..

Coucher du soleil sur Atsinkoi
La traversée lagunaire

Voyage de mémoire : rencontrer Madeleine TCHIKAYA

Un voyage de mémoire ou un voyage mémoriel est un voyage qui met en avant le patrimoine historique ou des personnes emblématiques qui ont laissé des traces indélébiles dans la vie d’une communauté, d’une nation…

Commen beaucoup de jeunes de ma génération, avant la lecturr du livre consacré à Madeleine TCHICAYA il y’a deux ans, écrit par Serge grah je ne savais pas grande chose de la vie de celle qu’on appelle affectueusement “la dame de fer“.


Je savais juste qu’elle est la première femme énarque de Cote d’Ivoire, sans plus.
Les informations glanées çà et là sur un internet sont insuffisantes pour celui qui veut approfondir ses recherches.
Ce livre est une vraie mine d’informations non seulement sur sa vie,mais également de la Côte d’Ivoire de son époque.
Madeleine TCHICAYA était l’une des grandes inspirations de mon père qui gardait précieusement une photo prise avec elle quand il était étudiant.
Le 28 avril dernier, elle célébrait 91 ans d’une inspirante et utile existence.

C’est une dame pleine de vie qui ne fait pas du tout son âge que nous trouvons dans sa maison à oumé où elle vit et retraite paisible depuis plusieurs années.

Madeleine YAO KACOUBLA naît dans la Côte d’Ivoire années 30 ou scolariser une fille à cette époque relevait de la folie.

Faisant fi des moqueries de son entourage son père bien qu’illettré tient à inscrire à l’école.

C’est au lycée jeunes filles de Bingerville en 1946 qu’elle obtint le baccalauréat en en figurant parmi les meilleurs élèves de l’école, mais ne fit pas à la surprise de tous partie des compagnons de l’aventure 46.

Cette cohorte de jeunes Ivoiriens excellents envoyés en France par Félix Houphouet Boigny pour continuer leurs études.

Son père la fit partir avec ses propres moyens.

En France pour parachever ses études après être rentrée à l’école pratique de la fonction publique, elle obtint une bourse d’études pour les Etats-Unis.

L’École nationale d’administration ouvre dans le même temps à Abidjan et l’état de Côte d’Ivoire lui fait une grande faveur : lui accorder la possibilité de présenter le concours pour le cycle supérieur depuis les USA ou elle fut donc enfermé à double tour dans un bureau de l’ambassade de Côte d’Ivoire…

Admise sans surprise à l’annonce des résultats, elle devint ainsi parmi une vingtaine d’hommes la première femme énarque de Côte d’Ivoire en 1965 et sort major de cette promotion !

Après une courte carrière dans l’administration, elle quitte le ministère du tourisme pour se lancer dans le secteur privé dans une entreprise de négoce ou son abnégation, son honnêteté et ses valeurs de rassembleuse firent d’elle une employée incontournable…

À oumé, c’est avec un peu d’hésitation que lui pose des questions sur ses frustrations évoquées dans le livre de Serges GRAH.

Le fait de n’avoir pu réaliser son rêve d’être ambassadrice. À cette époque, on aurait traité le président de fou s’il l’avait nommé ambassadrice malgré qu’elle le méritât, les mentalités n’étaient pas encore prêtes pour accepter une femme à ce niveau de responsabilité.

Elle évoque également le retrait quasi forcé de sa candidature demandée par Houphouët-Boigny aux profits de madame AKA Anghui pour les élections à la présidence de l’AFI (Association des Femmes Ivoiriennes), les contraintes liées à une vie de politicienne qu’elle avait refusée.

Au-delà de sa vie, j’ai eu des réponses jusque dans les détails liées à certains faits non élucidés par des archives liées la colonisation, une époque qu’elle a pleinement vécue.

Quelle mémoire d’éléphant pour une femme de son âge !

-mémé, on fêtera les 100 ans en grande pompe ?

– ohhh non!

-ahi, pourquoi

-je veux partir,je suis fatiguée,je ne peux même plus travailler,et puis je veux voir mon mari,tous mes amis également sont partis…

-pardon reste un peu encore

-ok, comme tu as de gros bras,quand je ne pourrai plus marcher,tu viendra tous les matins me faire sortir de mon lit hein ! fit t-elle dans un grand rire généreux.

Madeleine TCHICAYA a inspiré son époque, changée la vie de certaines personnes par son charisme, son optimisme et à obtenu toute l’admiration et la fierté non pas d’une famille, mais d’un pays tout entier !

Le parcours singulier de Madeleine TCHICAYA devrait être enseigné afin que la génération actuelle en manque de repères et la postérité s’en inspire !

Elle est et restera un modèle pour toutes les générations…

Écotour au parc national d’Azagny

À 130 km d’Abidjan,à l’est de grand-lahou et à l’embouchure du fleuve bandana,le parc national dAzagny couvre une superficie de 19.000 hectares, à cheval sur deux départements, grand-lahou et Jacqueville.

Il présente une variété de végétation entre savanes côtières, forêts très denses et mangrove couvrant les deux tiers du parc.

On y accède par voie terrestre, par la route côtière à partir du village d’Irobo, également par voie fluviale via le fleuve Bandama du canal d’Azagny, qui permet de parcourir toute la limite sud du parc, depuis Braffedon jusqu’à Jacqueville…

À l’entrée ouest, siège en bordure de lagune, Avikam LODGE. Des bateaux et des jets-ski assurent les traversées sur la lagune tagba.

Des mangroves denses et luxuriantes font figure d’escorte jusqu’à l’orée dune forêt qui marque l’entrée du parc.

Au bout de quelques km de randonnée, un mirador érigé vous permet d’avoir une vue imprenable sur le parc,avec un peu de chances, vous pourrez voir des animaux, si vous avez des jumelles emportez les pour des observations lointaines.

C’est un parc de forêts et dans un tel milieu forestier, les animaux sont assez difficiles à voir en observation directe. Vous pouvez par hasard tomber sur des animaux dans des endroits connus comme des gîtes, mais ce n’est pas évident, car ils s’éloignent rapidement au moindre bruit étranger…Ils ont également tendance à rester dans la zone marécageuse, beaucoup moins accessible à l’homme. Celle-ci est donc beaucoup, plus riche en faune, abritant notamment des buffles et des chimpanzés…

Le parc est propice aux longues excursions et aux randonnées.

Abandonné au début des années 2000 un complexe hôtelier intégré en plein milieu de la forêt est en pleine réhabilitation, il ajoutera un atout de poids au parc, et ravira certainement les cœurs des amateurs d’écotourisme..

 collez votre texte ici…

Vestiges d’une civilisation disparue à Ahouakro…

Beaucoup de voyageurs desirent visiter le plus d’endroits possibles, de toujours trouver une nouvelle destination à découvrir.
Voyager deux fois au même endroit est quelque chose qu’on ne tente pas souvent. On dit quelques fois que le monde est assez grand et qu’on n’aura pas assez de temps pour tout voir, pourquoi donc retourner plusieurs fois au même endroit ?C’est début 2020 que je visite pour la première fois le parc Archéologique d’Ahouakro, j’avais écrit un billet que je ne poste finalement pas sur le blog.
Ce deuxième voyage fut moins rapide et plus minutieux, ce qui permet évidemment de mieux s’imprégner de l’histoire de l’endroit et d’essayer de comprendre certains mystères qui  y sont rattachés. Ces dernières années, même si le parc fait l’objet de pas mal de visite, il reste encore très méconnu des Ivoiriens…Nous sommes dans le Département de l’Agneby-tiassa, dans le village d’Ahouakro ( 145km d’Abidjan)Un  univers de monuments granitiques forme un parc Archéologique, un endroit atypique et rare dans ce genre est classé  au patrimoine de l’UNESCO depuis le 29 novembre 2006.La disposition des rochers est naturelle, les formes de ses rochers sont également naturelles et dues tout simplement à un lent processus d’érosion.Ce processus d’érosion leur a conféré des formes naturelles quelques fois ahurissantes, dont plusieurs se caractérisent par leur équilibre très précaire relevant du mystère…Les populations locales ont attribué à ses roches géantes des noms selon leur forme, leur disposition ou l’entité spirituelle qui siège à chaque endroit.  Venu de la Gold Coast (Ghana actuel) après avoir fuit la guerre entre les ashantis et les fantis (1893-1905) Nanan Koffi Ahoua est le fondateur du village d’Ahouakro.Un rocher porte son nom et est appelé « le doigt de Nanan Koffi Ahoua”.Ce rocher ressemblant à un indexe pointant vers le haut rend hommage au fondateur du village.
Selon le guide du Parc, par son doigt pointé en direction du ciel, nanan Koffi Ahoua jure de veiller sur les hommes et sur l’environnement…Le rocher “èssui yobouê” (l’éléphant-rocher) 
rappelle la forme d’un éléphant,En visitant le site, vous pourrez passer plusieurs heures à la découverte de roches ressemblant selon votre position à des animaux aquatiques, des objets ou même des visages…Au-delà de l’intrigue derrière la forme peu habituelle de ses grandes roches, le site renferme également des traces très anciennes d’activités humaines, des ateliers de polissage, des traces d’affûtage d’outils ou de décoration datant du… Néolithique !C’est également un lieu hautement spirituel, selon les croyances, il existe deux entités spirituelles sur le site, d’un’ côté le génie des collines “le sangodi” et de l’autre le “Djandja yassoua” qui règne sur six rochers. L’endroit est évidemment un espace de cérémonies liées aux croyances des habitants du village.
Hormis l’aspect impressionnant des roches,le parc est idéal pour les amateurs de randonnées et loin de la ville et les amoureux de la nature : respirer l’air pur, entendre des oiseaux chanter ou ramasser des fruits de rôniers…Sur la route qui mène au village une carrière granitique ayant servi à faire l’autoroute du Nord offre un joli paysage avec un lac artificiel à la teinte verte,une belle escale instagramable 😁Mon intrigue personnelle après deux passages dans ces lieux demeure le mystère derrière la précarité de l’équilibre de certaines roches qui semblent carrément suspendues ou reposent sur des minuscules morceaux de rochers qui normalement  ne devraient pas être capables de soutenir des centaines de tonnes…Comme tous ceux qui passent visiter le lieu, plusieurs autres questionnements fourmillerons dans vos esprits et vous emmènerons évidemment à vous poser des questions sur des faits encore non élucidés qui méritent de profondes recherches.Qui étaient les peuples anciens qui ont habité ce lieu ? 
Certains endroits du parc ressemblant à des grottes ou des sépultures servaient réellement à quoi ? 
Pas mal de mystères planent encore sur ce parc encore très peu connu en Afrique mais qui vaut largement le détour.À Part quelques cercles mégalithiques de l’ancienne Sénégambie qui ont des similitudes avec les rochers de ce parc,dans toute la sous région il n’existe aucun bien inscrits sur la liste du patrimoine de l’UNESCO comparable au parc Archéologique d’ahouakro.Notre pays regorge de trésors à visiter sans billets d’avion ni visa, et à Ahouakro vous plongerez de plain-pied dans les vestiges d’une civilisation méconnue et disparue …

“Contours du jour qui vient” de Léonora Miano

 Mboasu, un pays imaginaire d’Afrique équatorial essaye malgré tout de renaître de ses cendres après une horrible et sanglante guerre civile. Dans les rues précaires et mal famés de sombé la capitale, erre comme un fantôme une gamine de 9 ans aux regards hagards.. . Son nom est Musango.Elle recherche sans répit sa mère qui est pourtant à l’origine de sa descente aux enfers,de son transfert d’une famille aisée à la rue. Elle passe en un rien de temps d’un statut d’enfant unique surprotégée et choyée à être en proie à la mendicité dans des rues insalubres oú la misère de l’après-guerre règne en maître absolu…Musango se débrouille ça et là, se contente de repas maigres et dort à la belle étoile.Plusieurs mois en arrière quand le père de Musango passe la vie à trépas, sa mère,une parfaite   névrosée l’accuse d’être à la base et tous ses malheurs et  d’être possédée par le mal. Elle ne la supporte plus et va prendre conseils et réconfort auprès de Sessé la voyante du quartier qui va la pousser à exercer sur l’enfant toutes sortes de violence, de tortures et d’humiliation. La mère tente, par tous les moyens inhumains et barbares la meilleure façon d’extirper du corps de Musango … Le diable !”Contours du jour qui vient” est un témoignage d’enfant, un monologue intérieur d’une gamine en quête de réponse sur les agissements antérieurs de sa génitrice et se ressasse sans fin les moments douloureux de sa descente aux enfers..“Le jour où tu m’avais pendue à cet arbre, tu n’avais pas encore le courage de m’ôter la vie. Tu m’avais seulement battue jusqu’à ce que je perde connaissance. Tu m’avais ensuite détachée pour laver mes plaies en pleurant, et mise au lit en murmurant que maintenant tout se passerait bien. Le démon qui m’obligeait à me repaître de vies humaines m’avait quittée…” En réalité, Musango ne souffre d’aucun problème  spirituel, mais d’une anomalie du sang détectée par la médecine moderne. Après une tentative de “délivrance ratée”, elle est définitivement jetée à la rue par sa mère. Ainsi commence la misère de Musango dans les rues d’un Mboasu frappé par la folie à tous les niveaux. Elle découvre la vie qu’elle n’aurait jamais imaginée derrière les murs nantis de la villa de son défunt père…. Après avoir longtemps erré dans la rue,Musango atterri dans un centre pour enfants en difficulté. Elle est après enlevée et séquestrée dans une maison à la campagne où elle servira de domestique.Dans sa nouvelle demeure, il se passe des choses pas très nettes. La gamine est chargée de prendre soin d’un groupe de femmes qui tente d’aller “faire l’Europe”C’est un véritable réseau de prostitution et étroitement lié à une église douteuse spécialisée dans l’escroquerie de gens crédules en quête désespéré d’un mieux-être illusoire.… C’est dans cette atmosphère toute faite pour abriter des bandits de grands chemins que se retrouve une Musango qui découvre réellement les autres facettes sombres de la vie…Roman engagé,ayant reçu le Goncourt des lycéens 2006,Leonora Miano met en lumière dans “Contours du jour qui vient”, le malheureux sort des enfants dit  « sorciers » en Afrique. Elle dénonce la gangrène de la corruption et l’hypocrisie des institutions religieuses.Elle fustige assez souvent la colonisation et ses conséquences sur un continent visiblement résilient, mais qui au fond, peine à sortir de son traumatisme…Elle fustige assez souvent la colonisation et ses revers sur un continent visiblement résilient, mais qui au fond, peine à sortir de son traumatismeS’ils ont jadis creusé des routes, c’est pour accéder à chaque millimètre de terrain  il y avait quelque choses à tirer. S’ils ont soigné nos maux, c’était parce que nous devions être forts pour travailler. S’ils ont bâti des écoles, c’était pour apprendre à ne plus nous aimer, et à oublier le nom de nos ancêtres. Ils ne voulaient pas seulement notre sang et notre sueur, ils leur fallait notre âme.L’épopée de la jeune  Musango est une sorte d’allégorie du destin de l’Afrique en quête de reconstruction, de renaissance et de résilience. Comment renaître de ses cendres, sortir des ténèbres pour dessiner sous de bons auspices un nouveau jour qui vient…Je suis à mon troisième roman de Leonora Miano et à chaque fois, j’aime chez elle  sa façon de raconter du griot qui fait appel à la communauté afin de donner vie à son récit.Teinté de révolte et de colère, “contour du jour qui vient” est un beau roman profond et très réaliste.Il est écrit sans concession aucune et marqué d’un style débordant de souffle et de poésie…

Rando Banco

Réservoir hydraulique ou encore poumon vert, le parc national du Banco est ce pourquoi l’air est respirable à Abidjan.3438 Hectares de forêt en pleine  ville, les arbres du Banco absorberaient 35000 tonnes de gaz carbonique chaque année et rejetterait 68 000 tonnes d’oxygène dans l’atmosphère.C’est en 1926 qu’elle fut classée réserve forestière pour devenir plus tard en 1953 le premier parc national de Cote-d’ivoire.” Banco”, est une déformation “Gbangbo” qui est la rivière qui traverse la forêt et qui signifie « source d’eau rafraîchissante » le thème désignerait également un génie des eaux…Malgré son rôle très important dans un paysage urbain miné par la pollution, le parc jusqu’il y’a quelque temps n’avait pas du tout  bonne presse, elle jouissait d’une très mauvaise réputation et classée comme un repère  de bandits qui abriterait des activités…funestes…Mais ces deux dernières années,on peut aisément dire que le mythe autour de  l’hyper dangerosité du parc est tombé.
La réalité après avoir franchi l’entrée est tout autre. Des agents de l’OIPR veillent sur le parc et les habitants du village qui l’entoure.Randonnées, fêtes, campings, les week-ends comme en semaine, la forêt du Banco ne désemplit plus et l’OIPR n’avait jamais autant enregistré de visites. Même si la forêt du banco est aujourd’hui en pôle position sur la liste des “place to be” en thème d’éco-tourisme pour les Abidjanais, c’est Felix HOUPHOUËT-BOIGNY qui initiera pour la première fois une activité festive au cœur de cette forêt lors du premier anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire en 1961. Un géant pique-nique qui a réuni environ 3 000 personnes ! 
Un premier anniversaire marqué par la visite du frère du Président Américain John KENEDY, Robert KENEDY.On peut dire que le “vieux” avait des idées futuristes pour ce parc qui lui tenait particulièrement à cœur. La forêt du Banco est l’une des dernières forêts primaires du pays et l’une des deux seules forêts primaires en pleine ville au monde avec celle de Rio Janeiro.
Plus de 40 % de l’eau potable d’Abidjan provient du parc qui fait de lui le réservoir hydraulique de la ville.Le parc est propice aux longues excursions et à la découverte avec ses 80 km de pistes. Notre randonnée nous a valu plus de 4 heures de marche avec quelques fois des reliefs un peu difficiles.Au sein du parc, des chemins en terre mènent un  à un Arboretum de plus d’une quinzaine d’hectares aménagé  par le Gouverneur Reste entre 1930 et 1933 qui  abrite plus  de 800 espèces  végétales en voie de disparition et assez rares.Au milieu de toutes ces essences, un grand aiele étend fièrement ses branches, il a 200 ans et est le plus vieil arbre de l’arboretum. La seconde  résidence du gouverneur Reste d’où il supervisait les projets de l’arboretum est aujourd’hui un écomusée avec des salles d’expositions qui ont pour but de sensibiliser les visiteurs à la protection de la faune et de la flore.Arches naturelles, acajou ou gigantesques fromagers…Le parc est un véritable joyau écologique !On peut noter par endroits la présence de mangroves, non loin d’un espace quadrillé qui a abrité le premier zoo de la ville.Abritant plus de 60 espèces animales, il est possible que vous tombiez sur des animaux comme une famille de singes ou de pangolins(on a pas eu cette chance). Mais on a pu observer des oiseaux et voir des lézards. Après des heures de marche, on  a pu également passer une trentaine de minutes à nourrir au pain des silures, ces poissons protégés peuvent valoir
plusieurs dizaines de kg et sont assez impressionnants, ce fut particulièrement mon coup de cœur…On peut dire qu’une journée sans pollution au sein de cette magnifique forêt est une aventure à faire et à refaire très souvent…La prochaine fois, on essaiera sans doute une formule différente,un camping peut-être…🤷🏾‍♂️😊

Prête-moi ton rêve à…Abobo

En mars 2020 le musée des cultures contemporaines Adama Toungara d’ Abobo ouvrait ses portes.On peut dire que l’ouverture d’un musée dans la commune a suscité beaucoup de réactions. 

On a pu lire sur les Réseaux sociaux des commentaires du genre  “un musée à Abobo?, c’est pourquoi, qui ira là-bas?” ou encore, “on a plus besoin d’un supermarché tel que… Pour éviter que les enfants n’envahissent les autres communes pendant les fêtes” …Bref,

beaucoup de commentaires d’un autre âge montrant le peu d’engouement des populations pour de tels projets… 

Élargir l’accès à la culture des populations de Cote d’ivoire et de l’Afrique est le premier objectif du musée qui fait déjà un bon boulot de communication et affiche déjà pas mal de visite et des events qui visiblement intéressent.

Le musée des cultures contemporaines Adama Toungara d’Abobo est ce qu’on peut appeler un musée moderne, 3 500 m carree ; une architecture ultra moderne et originale réalisée par Issa Diabaté.Il comprend une grande et petite salle d’exposition, une salle pour les spectacles vivants, une boutique, une médiathèque, une bibliothèque, une salle de conservation,une salle d’archives…Conçu spécialement pour recevoir et promouvoir des collections et des expositions, le musée accueillait le jour de son inauguration l’exposition “prête-moi ton rêve” qui est une exposition collective et continentale inaugurée à Casablanca en juin 2019 et qui tournera dans 6 pays sur le continent.
Après Casablanca, le Sénégal avait été le premier à accueillir l’expo au musée des civilisations noires de Dakar pour son premier anniversaire.Organisée par la Fondation pour le Développement de la Culture Contemporaine Africaine FDCCA, “Prête-moi ton rêve” a pour but d’exposer aux populations Africaines des œuvres majeures de 28 d’artistes africains de notoriété mondiale et populaires dans les grandes capitales du monde. Des artistes tels que Jems KOKO BI ,Abdoulaye KONATE ;Barthelemy TOGUO ou d’El Anatsui pour ne citer qu’ eux.

Prévue de rester pendant plusieurs mois au musée, l’expo était encore présente il y a quelques semaines, quand une amie et moi decidions de passer la voir. Après un accueil chaleureux à l’entrée, on s’attendait à payer un droit d’entrée, mais on nous apprend que l’accès est gratuit ; on nous alloue un plus un guide sympathique qui maîtrisait bien l’histoire derrière chaque œuvre.Œuvres en bois ou en matériels recyclés, toiles colorés ou marionnettes en fer forgés, la richesse de “prête-moi ton rêve” est la diversité la pertinence des thèmes abordés des artistes. De l’immigration clandestine à la dette africaine en passant par l’engagement communautaire ou l’amour, cette exposition est une explosion de variétés culturelles mettant à nu les magnifiques et différentes origines africaines des 28 artistes réunis sur le même périmètre.Mon coup de cœur fut de voir toutes ces personnes qui venaient voir l’expo ; certains en solo, d’autres entre amis, les plus nombreux étaient ceux qui étaient en famille, on pouvait voir l’excitation des enfants qui voulaient voir et toucher à tout. Il est vrai que la fréquentation des musées et quelques autres lieux de culture n’est  pas ce qu’on trouve dans le top 1 ce que recherchent les populations en matière de loisirs mais bon, il n’y a rien de sorcier ; on ne s’intéresse qu’à  ce qu’on voit très souvent…Vivement la réhabilitation des musées que nous avons et dont la majorité croulent sous le poids de la négligence et de l’indifférence surtout l’intérieur du pays…
Il est indéniable que le musée des cultures contemporaines Adama Toungara répond aux nouveaux enjeux de revalorisation de la commune d’Abobo. Vivement la prochaine exposition ou on ira sans hésiter prêter un autre rêve…À abobo la joie…





L’esclavage raconté à ma fille.

”Il ne s’agit pas de se morfondre ni de se mortifier, mais d’apprendre à connaître et à respecter l’histoire forgée dans la souffrance.”
Christiane. TAUBIRA
Descendante de déportés africains et née en Guyane, Christiane découvre tard l’histoire douloureuse est sienne. C’est le choc devant tant de barbarie de souffrance liées a l’histoire de tout un peuple. Elle l’a découverte toute seule, et se souvient de la rage et de la haine qui l’ont alors un temps habitée.
Pour elle, connaître son histoire, c’est pouvoir choisir son avenir et c’est pour éviter à la nouvelle génération ce même choc face à l’histoire des peuples noirs qu’elle écrit ce livre en 2002.
‘’Il paraît que l’esclavage a toujours existé ? Parle-moi de ces nègres marron que tu aimes tant… La France devrait donc regretter toute l’aventure coloniale ? Quelle est la différence entre l’esclavage contemporain et l’esclavage dit “moderne ?” 
Ce livre est un dialogue pédagogique entre une mère et sa fille sur les questions liées a l’esclavage et tous les contours d’un thème assez sensible. Devoir de mémoire ou éternelle victimisation ? Chacun y va de son commentaire.
Quoi qu’il en soit tous les peuples du monde ressassent sans cesse leur histoire et si ca ne pose aucun problème, ca ne devrait l’etre quand il s’agit de parler de l’esclavage.
Elle n’est ni dans la repentance ni dans l’accusation, elle réussit juste à exposer en seulement 200 pages les fondements et les idéologies qui ont poussé des êtres humains durant près de 4 siècles à rationaliser et légitimer le commerce et l’asservissement d’un peuple tout entier. 
Vous avez déjà beau lu sur les questions liées aux peuples noirs et sur l’esclavage, ce bouquin restera très abondant en informations. Il y eut un véritable travail recherche, c’est un livre intelligent, didactique.
Elle dénonce l’enseignement parfois partielle visant à exclure les liens entre les héros français et l’esclavage.

Quand on enseigne dans les écoles françaises les ‘’glorieuses’’ épopées de Napoléon Bonaparte, empereur des Français, on doit enseigner qu’il a rétabli l’esclavage dans les colonies françaises dans la barbarie et à coups de meurtre, a fait périr de nombreuses personnes et des résistants comme la ‘’mulâtresse solitude’’.
Quand on enseigne les fastes de Louis XIV. On ne doit pas omettre qu’il est celui qui a promulgué le Code noir qui déclarait les esclaves “bien meubles” et autorisait les maîtres à infliger des sévices corporels à leurs esclaves, la loi prévoyant par la torture, la mutilation, l’exécution des esclaves qui choisissaient le marronnage pour rompre avec l’enfer des plantations. 
Pendant les cours sur Révolution française, on doit enseigner qu’elle n’a pas osé abolir l’esclavage et que c’est seulement la Convention qui l’a fait, cinq ans plus tard, avant son rétablissement par Napoléon huit ans après.
Dans ce livre, Christiane Taubira n’est ni tombée dans la haine, ni dans le ressentiment, mais a simplement relaté ce qui est et a été.
J’ai énormément apprécié la lumière faite sur les combats et les réflexions liées à cette période de notre histoire. 
Les luttes, les heros et résistants pour la liberté, le marronage, le métissage,le racisme, la colonisation, la notion de crime contre l’humanité, les formes contemporaines de l’esclavage, les compensations, l’enseignement falsifiée de l’histoire. 
Elle évoque même la responsabilité des nôtres durant cette période.
Ce livre est sincère, fort, poignant et d’utilité publique et le militantisme de C.Taubira est à saluer.
La loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité dite loi Taubira, du nom de Christiane Taubira,
est une loi française concernant la reconnaissance comme crime contre l’humanité des traites et des esclavages pratiqués à partir du XVe siècle sur les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes.
La loi est adoptée par le Parlement le 10 mai 2001 et promulguée le 21 mai 2001.
Elle fait partie des quatre lois mémorielles françaises.
Le 10 mai est choisi en 2006 pour célébrer la Journée commémorative du souvenir de l’esclavage et de son abolition…

ALINE SITOE DIATTA : HÉROÏNE DE LA RÉSISTANCE SÉNÉGALAISE.


Reine, rebelle et insoumise. On pourrait ainsi résumer la vie de celle qui a été l’un des fers de lance de la résistance coloniale au Sénégal, dans la Casamance.

ALINE SITOE DIATTA voit le jour entre 1910 et 1920 à  Kabrousse. Son père décède très tôt et se voit adopter par son oncle paternel, Elaballin DIATTA. Les conditions de vie très dures et précaires la poussent de son village vers Ziguinchor ou elle sera docker pendant un moment. Elle débarque après à Dakar où elle est engagée comme domestique chez un colon du nom de Martinet, régisseur de produit en Afrique de l’Ouest. 

Rien ne la prédestinait à un destin de combattante anti-colonialiste. La jeune fille qui n’a que 20 ou 21 ans commence à entendre des voix lui disant de retourner dans son village pour mener la résistance contre les colons qui dictaient la pluie et le beau temps après avoir neutralisé des grands résistants comme Alboury N’DIAYE ou Lat DIOR par de violents affrontements…
Aline ignora les voix qui lui parlaient et qui devenaient de plus en plus insistantes. Au bout de 4 quatre jours, elle se réveille paralysée des jambes et ramenée en Casamance ou elle recouvre tout de suite la mobilité.
Elle arbore des son arrivée son manteau de résistante, commence par révolter les populations locales qu’elle rallie facilement à sa cause et prône à la grande surprise des colons, la désobéissance civile ! 
Le refus de payer l’impôt aux colons en espèce comme en nature, le boycott de la culture de l’arachide au profit du riz. Elle fait même campagne pour que les jeunes africains ne rejoignent pas l’armée française pour la Seconde Guerre mondiale et prône un retour aux sources culturelles, spirituelles sénégalaise et africaines en faisant rétablir les anciennes pratiques traditionnelles.
Aline Sitoe DIATTA sur le plan spirituel s’était targuée de ‘’faiseuse de miracles.’’
Elle mit fin a des cas d’extrêmes sécheresse et de guérison de malades par des incantations et des sacrifices.
Son influence ne faisait que croître de jour en jour et des masses de populations convergeaient vers elle pour trouver solution à leurs divers problèmes. Respectée, vénérée et adulée, quand le roi de Casamance vint à mourir, on intronisa Aline Sitoe Diatta reine pour sa succession.
Son influence sur la population commença à faire peur aux colons qui se mettent ardemment à sa recherche pour la mettre hors ”d’état de nuire”. C’était la femme à abattre pour la France.
Elle est arrêtée le 08 Mai 1943 après que les colons aient abattu une femme qu’ils prennent pour Aline alors qu’elle s’était retirée de sa maison, étant en période menstruelle, l’isolement étant la coutume dans ce cas chez les Diolas.
Elle se rend elle-même pour éviter que ses sujets ne soient tués.
Avec son mari, elle est traînée dans plusieurs, prisons au Sénégal, en Gambie et fini son périple au Mali à Tombouctou ou elle meurt de sévices et de brimades. 

Son décès est déclaré en 1944…

Depuis 2008, un ferry reliant Ziguinchor à Dakar porte fièrement le nom de l’héroïne. Plusieurs voix Sénégalaises et Africaines s’élèvent pour le rapatriement de ses restes sur la terre de ses ancêtres et réclament plus d’hommages et de lumière sur la vie de la résistante Casamancaise, pour que la postérité sache et n’oublie pas…

AYO DIBANGO!!

Ce soir, ils retentiront, ils retentiront quand le soleil sera d’un rouge-orangé et qu’il ira progressivement mourir derrière les immenses fromagers de la forêt sacrée.

Ils retentiront, mais pas pour nous annoncer la venue d’un enfant ou l’intronisation du grand roi.

Les tambours, les majestueux tambours des grands jours retentirons pour annoncer sinistrement la tombée du grand baobab du village !

Les enfants hurleront de peine, les femmes lacérées de douleur parcourront le village, les seins nus, le visage noirci au charbon, le corps enduit de kaolin et le pagne obscur du deuil aux hanches. 
Les hommes essaieront comme ils peuvent de garder la mine digne, face à la douleur qui les consumera jusque dans les tréfonds de leur âme…

Les grands tambours des grands jours annonceront le malheur !!

Ce soir au crépuscule, les ancêtres feront souffler sur la forêt sacrée le vent de l’au-delà. 

En chœur, les feuilles des arbres s’agiteront, accompagnant l’oiseau annonciateur du malheur et sa noirceur !

La mer sera d’un calme sinistre, les pilons seront en bernes, il n’y aura d’autre feu ce soir que celui du conteur, mais il ne sera pas là.

Larmes et lamentations remplaceront ses paroles, ses chants glorieux et ses énigmes…

Ce soir au crépuscule, ils retentiront jusqu’au lever du jour, ils retentiront, ils retentiront les roulements des tambours du malheur et leurs échos atteindront les contrées infinies du ciel et de la terre…

Nyambɛ̂! Gnanmien kpli! Imana! 

Comme un animal rusé, le jour tant redouté nous a surpris et nous a foudroyé en plein cœur !

Ô Dieu de nos illustres ancêtres ! Nous avons aimé et protégé notre si précieux canari, nous n’avons pas voulu, mais il a rencontré le rocher du trépas et s’est brisé ! 

Ehhhhhh Nyambɛ̂ ! Ehhhhh toutes les tribus du ”Kamerun” et leurs alliés les plus lointains! Il est tombé ! Il est tombé ! Il est tombé ooooooooooo, le plus grand baobab du village est tombé!!!

Ayo !! Ayo !! Ayo DIBANGO !!