Madeleine TCHICAYA en questions

Peu de natifs de la fin des années 80 à nos jours la connaissent vraiment, beaucoup même n’en n’ont jamais entendu parler.

Avant la lecture de ce livre je savais juste qu’elle avait été la première femme énarque de Cote-d’Ivoire, je me rappelle que mon père avait une photo prise avec elle qui datait des années 70 et qu’il gardait jalousement.

La vie de cette femme au parcours exceptionnel est consignée dans le livre « Madeleine TCHICAYA en questions » écrit par Serges GRAH et préfacée par Monseigneur Bruno KOUAME.

Madeleine YAO KACOUBLA naît dans les années 30. Scolariser une fille à cette époque de l’histoire de la Côte-d’Ivoire relevait de la folie, son père pourtant agriculteur et lui-même illettré tient coûte que coûte à inscrire sa fille unique à l’école malgré les railleries de son entourage. Élève brillante et exemplaire elle obtint le baccalauréat au lycée des filles de Bingerville en 1946. Figurant parmi les meilleures élèves de l’école, son père, déçu,comprit difficilement pourquoi sa fille ne fit pas partie de « l’aventure 46 » ,cette cohorte de jeunes Ivoiriens excellents envoyés en France pour continuer leurs études afin d’assurer la relève des colonisateurs.

Il la fit donc partir avec ses propres moyens en France ou à son insu elle s’oriente dans la mode à Montpellier. Elle revient en Côte d’Ivoire avec un diplôme de mode contrairement à ce que son père espérait et un conflit éclate entre père et fille. Les choses finissent par s’arranger.

Partie en France pour parachever ses études après être rentrée a l’école pratique de la fonction publique, elle obtint une bourse d’études pour les Etats-Unis. L’École Nationale d’Administration ouvre dans le même temps à Abidjan et l’état de Côte-d’Ivoire lui fait une grande faveur : lui accorder la possibilité de présenter le concours pour le cycle supérieur depuis les USA ou elle fut donc enfermé à double tour dans un bureau de l’ambassade de Côte-d’Ivoire…

Admise sans surprise à l’annonce des résultats, elle devint ainsi parmi une vingtaine d’hommes la première femme énarque de Côte d’Ivoire en 1965 et sort major de sa promotion !

Après une courte carrière dans l’administration, elle quitte le ministère du tourisme pour se lancer dans le secteur privé malgré toutes les mises gardes.

‘’Je suis donc allée voir le ministre Siméon AKÉ qui était à cette époque mon patron, pour lui faire part de mon intention de quitter la fonction publique pour le privé, il m’a traité de folle. Je lui ai répondu que je ne m’étais pas donnée tant de mal à étudier pour venir me tourner les pouces dans un bureau. Et que j’en avait marre.’’

Elle débarque ainsi à JEAN ABIL GAL, une entreprise de négoce ou son abnégation, son honnêteté et ses valeurs de rassembleuse firent d’elle une employée incontournable.

Dans ce livre Madeleine TCHICAYA raconte également avec beaucoup d’émotion ses frustrations comme le fait de n’avoir pu réaliser son rêve d’être ambassadrice. À cette époque on aurait traité le président le de fou s’il l’avait nommé ambassadrice malgré qu’elle le méritât amplement, les mentalités n’étaient pas encore prêtes pour qu’on nomme une femme à ce niveau de responsabilité. Elle évoque également avec beaucoup de détails le retrait quasi forcé de sa candidature demandée par Houphouët-Boigny aux profits de madame AKA Anghui pour les élections à la présidence de l’AFI (Association des Femmes Ivoiriennes).

Femme aux idées libérales, on l’appelait affectueusement ‘’ la dame de fer”. Son franc parlé, ses principes et son caractère bien trempé donnait un cocktail assez corsé et surtout dérangeant tel qu’elle ne fit carrière dans la politique.

‘’Peu importent les compétences, il faut savoir courir, faire la courbette, balancer les peaux de banane aux autres. Moi j’ai mal au dos, j’ai mal aux hanches, je ne peu donc pas me courber. C’est pourquoi j’ai évité la politique.’’

34 pages de témoignage émouvantes après l’interview, des membres de sa famille au parfait inconnu en passant par ses amis. Vous pourrez mesurer combien, Madeleine TCHICAYA a inspirée son époque, changée la vie de certaines personnes par son charisme son optimisme ainsi que toute l’admiration et la fierté non pas d’une famille, mais d’un pays tout entier !

Aujourd’hui à 89 ans Madeleine TCHICAYA vit une retraite paisible à Oumé (Côte-d’Ivoire).

Je suis plus que ravie d’avoir débutée l’année par ce livre. Quelle femme ! Quel parcours !

Mais Après la lecture de ce livre, je suis déçue, pas du livre (rassurez-vous😃) juste assez déçue du fait qu’il n’y ai pas assez de projecteurs sur la vie inspirante de cette icône !

À l’heure ou le retour aux sources , aux valeurs fondamentales au sein de notre société est prôné par plus d’uns, je pense que le parcours singulier de Madeleine TCHICAYA devrait être enseigné afin que la postérité s’en inspire !

Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas Madeleine TCHIKAYA est et demeurera un modèle pour toutes les générations….

16 thoughts on “Madeleine TCHICAYA en questions

  1. J’avoue que je ne connaissais pas l’histoire de ma fameuse Homo Chicaya! Michou vue que je m’appelle Chico Chicaya tu comprends que la bravoure est notre chose à nous les chics. Lol. Just for joke!!! Merci pour ce partage leader. Big up

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  2. Merci beaucoup chou

    Le lun. 4 févr. 2019 à 17:44, le blog de michou a écrit :

    > michou posted: “Peu de natifs de la fin des années 80 jusqu’à nos jours la > connaissent vraiment, beaucoup même n’en n’ont jamais entendu > parler.Jusqu’à ce que je lise ce livre je savais juste qu’elle avait été la > première femme énarque de Cote-d’Ivoire, je me rappelle qu” >

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