J’ai célébré la Kwanzaa

Du 26 décembre 2019 au 1er janvier 2020 des millions d’afro-descendants fêtaient la Kwanzaa à travers le monde.

Kwanzaa fut pensée en 1966, un an après les émeutes raciales de watts , par l’historien et militant Maulana karenga, qui a été un militant du mouvement ”Black Power”.
« Matunda ya kwanza » en swahili signifie « les premiers fruits ».
Kwanzaa s’inspire des fêtes agricoles africaines qui ont lieu après les récoltes, ce moment privilégié ou on profite tous ensemble pour se réunir, resserrer les liens et faire des bilans au sein de la communauté.
Elle est célébrée du 26 décembre au 1er janvier.
C’est une initiative culturelle et non religieuse qui met en lumière des questions d’identité.
Fête de célébration de l’héritage culturel et des racines africaines de la communauté afro-américaine, la Kwanzaa qui Auparavant était célébrée uniquement aux Etats-Unis s’est répandue dans toutes les contrées du monde ou vivent des afro descendants.

Pendant Kwanzaa, un bougeoir spécial appelé ”kinara” est utilisé. 
Une kinara contient sept bougies, trois rouges à gauche, trois vertes à droite avec une bougie noire au centre,ces bougies sont allumées chaque soir durant les sept jours que comptent la célébration.

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Les 7 sept bougies représentent les principes qui définissent la célébration : 
Umoja: Unité – Unité de la famille, de la communauté, de la nation et de la race
Kujichagulia: Autodétermination – Être responsable de sa propre conduite et de son comportement.
Ujima: Travail collectif et responsabilité – Travailler pour s’entraider et dans la communauté.
Ujamaa: Économie coopérative – Travailler pour bâtir des entreprises
NiaBut – Se souvenir et restaurer les cultures, les coutumes et l’histoire africaines et afro-américaines.
Kuumba: Créativité – Utiliser la création et votre imagination pour améliorer les communautés.
Imani: Foi – Croire aux gens, aux familles, aux dirigeants, aux enseignants et à la justice de la lutte afro-américaine.

Aujourd’hui, c’est à juste si l’Afrique ne reste pas en marge de cette célébration qui s’inscrit comme une occasion de se réunir, poser des actions afin de participer à la réappropriation notre patrimoine culturel et réfléchir sur le futur de nos communautés. En Côte d’Ivoire depuis quelques années, on célèbre Kwanzaa grâce à l’association Afrocentricity Côte-d’Ivoire


Cette année, j’ai été vivre cette célébration à N’Djem, village juste à la descente du pont de Jacqueville (Côte-d’Ivoire).
Avec des amis, on arrive sur les lieux aux environs de 10 h, la place où se tient la kwanzaa 2019 va servir à la construction d’un temple de la renaissance Africaine.

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Quand vous arrivez quelque part et que c’est des livres qui vous accueillent vous pouvez être sûr d’être au bon endroit. 😄

J’en profite pour acheter ”antériorité des civilisations nègres  de Cheick Anta DIOP que je recherche depuis un moment.

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Dans les minutes qui suivent, il y a un peu plus d’affluence,(essentiellement des jeunes).

fb_img_1577608596980-026034931963026985248.jpegl’endroit fleur si bon une odeur de bangui (bio svp), les bidons arrivent, on s’en délecte (vive la kwanzaa!!)😂

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Il faut dire que l’attraction principale de cette célébration de kwanzaa à été puisée dans le patrimoine culturel Ivoirien : le masque ”GOLI”. C’était l’occasion de voir de très près ce masque et sa danse éponyme.

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Masque GOLI

Le « Goli » est un masque danseur sacré du peuple Baoulé qui a pour dépositaire le groupe ethnique Godès avec pour capitale, Béoumi.
Le masque présente des cornes d’antilope et un visage de crocodile sur lequel on peut voir un éléphant, marque de force et de sagesse. Son Costume en cape de peau d’antilope et des fibres de feuilles de palmier fraîchement coupées. C’est une danse récente, que les Baoulés ont empruntée début 1900 à leurs voisins les Wan.
À notre arrivée, le masque était isolé dans les broussailles… En méditation et à l’abri des regards. Peu de temps après il fait sa sortie sous les acclamations du public, cris et danses l’accompagnent avec un groupe d’hommes qui assure pour les chants. La musique se fait avec le « Toa », de grosses calebasses serties de perles, que seuls les Wan et Godès utilisent, accompagnés d’une corne appelée «  »

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Je remarque pendant que le masque danse qu’il y a un autre masque similaire dans les broussailles. J ’apprends que les masques apparaissent par paire, masculin/féminin.

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Masques GOLI Masculin/Féminin

Mais la danse est uniquement exécutée par les hommes qui doivent au préalable être initiés.
Après un bon moment de démonstration du Goli, les participants ont été invités (pour ceux qui le voulaient) à faire un tour la rivière sacrée qui était jadis très fréquentée par les habitants du village, mais qui aujourd’hui reste presqu’à l’abandon avec l’adoption des religions révélées.  Ils y allaient à l’orée de chaque nouvelle année faire leurs vœux afin d’attirer sur eux tous les esprits positifs. Chose à laquelle n’ont pas dérogé les adeptes des religions endogènes  présentes à la célébration.

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Kwanza définissant, ‘‘premiers fruits’’ des membres ont ramené des produits de leurs champs qu’ils ont tenus à partager avec la communauté.

La culture Camerounaise, particulièrement Bassa était représentée, j’ai pu voir de grandes et magnifiques queues de chevaux aux manches perlées avec lesquelles on exécute des danses et qui font partie des tenues d’apparats lors des grandes cérémonies.

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C’est autour d’un repas copieux composés essentiellement des mets de chez nous avec des discussions autour de la revalorisation de la culture africaine que prit la fin de cette célébration où j’ai énormément appris.

Kwanzaa devrait être une fête un peu plus éclatée et médiatisée, je trouve qu’elle pourrait fortement participer à renouer les liens entre les jeunes africains et leur culture.
Ce fut un pur moment de découvertes et de fraternité que j’ai énormément apprécié au point où je fais déjà des œillades à KWANZAA 2020.

Merci et bravo à Afrocentricity Côte-d’Ivoire pour la promotion de cette célébration.

‘’matunda yakwanza’’