Carter Godwin WOODSON,le père du Black History Month

J’aime l’histoire de Carter Godwin Woodson. Je dirais même que je suis attachée à son histoire.

Le genre d’histoire que vous aimez lire quand vous vous demandez si vous êtes vraiment capables d’accomplir certaines choses qui vous paraissent impossibles ou inaccessible s.

C’est grâce au parcours extraordinaire et exceptionnel d’un descendant d’esclave qu’est célébré depuis plusieurs années maintenant le ” Black History Month”.
Carter Godwin WOODSON naît le 19 décembre 1875, c’est-à-dire exactement 10 ans et 1 jour après l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis.

 L’esclavage aboli en 1865, les anciens esclavagistes qui ont traité comme des biens meubles et des bêtes d’autres êtres humains pendant 400 ans sont dédommagés par l’état pour la main d’œuvre gratuite qu’ils perdent. Les esclaves eux, sont laissés pour compte, sans domicile, sans argent ni bien. Beaucoup sont obligés, pour survivre, de continuer à travailler pour les anciens esclavagistes moyennant un gît ou un minable salaire. Parfois même il est question de travailler juste pour trouver de quoi se mettre sous la dent au quotidien.

A une époque ou la ségrégation raciale fait rage ,tout est fait pour maintenir les noirs dans la pauvreté et la servitude,le jeune Carter est évidemment promis à un destin des plus durs.

 Issu d’une fratrie de 7 enfants, il commence à travailler très tôt, des fois comme cultivateur ou d’autres fois dans des mines afin d’avoir de quoi rapporter pour nourrir sa famille extrêmement pauvre…

Autodidacte, le jeune Carter apprend seul à lire, à écrire et à compter. Il réalise qu’il devra se retrousser les manches s’il espère un autre destin que celui d’un éternel travailleur forcené côtoyant quotidiennement la misère. Il s’inscrit sans avoir fait l’école primaire à 20 ans en 6 eme avec pour camarades de classe des enfants de 9 ou 10 ans. Mais Carter Godwin Woodson est doté d’une intelligence particulière, c’est un surdoué. Il fait son parcours jusqu’en terminal en seulement 4 ans et obtint avec brio le baccalauréat.

Carter ne s’arrête pas là et décide de faire des études universitaires. Dans un pays miné par la ségrégation raciale, son intelligence prend le pas sur certaines considérations et il est même accepté à la prestigieuse Université d’Havard. Après des études brillantes, il obtient un doctorat, ce qui fait de lui la deuxième personne noire à obtenir un doctorat à Havard après Williams DU BOIS.

Après son doctorat, il commence à travailler dans le gouvernement américain et est envoyé aux Philippines. C’est là que Carter va découvrir la véritable mission de sa vie…

Basé dans ce pays, il va voyager dans tous les états des environs, se frottant à d’autres peuples, à d’autres réalités et va faire son constat : les peuples asiatiques sont très attachés, ancrés dans leur culture et pratiquaient leur propre spiritualité. Contrairement aux afro descendants des USA, ils cherchaient à savoir qui étaient leurs ancêtres, les célébraient et les prenaient en exemple dans des situations données…

Il commence donc à s’intéresser à l’histoire des noirs et découvre tellement de faits glorieux et fascinants sur les personnages noirs brillants tels que les résistants de l’esclavage, des inventeurs ou des héros de guerre. Une histoire toute autre que ce que la conscience populaire se fait des noirs au point qu’il décide une fois rentré aux états unis de faire des études en histoire et obtient même un doctorat en histoire.

Il initie donc ce qu’il va appeler ‘’la semaine de l’histoire des noirs’’ en 1926. Il parcours des communautés, des écoles, des universités pendant cette semaine pour propager ses découvertes et faire découvrir aux afro-américains leur histoire, la vraie histoire de leurs ancêtres…

Auparavant célébré pendant une semaine, la ‘’semaine de l’histoire des noirs’’ vu son succès s’est étendue sur un mois. Tout le mois de février est dédié à la célébration. Il faut aussi noter que Carter a choisi le mois de février parce que c’est le mois de naissance de Frédérick DOUGLASS,  grand militant abolitionniste noir pendant l’esclavage. Je vous recommande son autobiographie qui est un grand classique de la littérature Américaine et mondiale.

L’école qu’a fréquentée Carter à partir de la sixième portait également le nom de Frédérick DOUGLASS. Le choix du mois de février, est pour carter un hommage sous toutes les formes à celui qui est un modèle pour lui.

Carter a également écrit une douzaine de livres dont le plus populaire est “the mis-education of the negro”, une réflexion sur le démantèlement psychologique de la population noire par les occidentaux. Il a créé une maison d’édition pour les écrivains afro-descendants, et même un journal pour les noirs. Il décède en 1950, mais son héritage années après années prend de plus en plus d’ampleur.

Il est aujourd’hui considéré comme le père de l’afrocentrisme qui est de porter un regard africain sur tout ce qui nous entoure au-delà des idées reçues des esclavagistes et des colons. Connaître sa culture et la maîtriser avant celles des autres, comme le font tous les autres peuples du monde…

Cette année en Côte-d’Ivoire il y a plusieurs manifestations organisées par des particuliers ou des associations durant tout le mois de février. A la bibliothèque d’anono, nous ferons la célébration le 22 février prochain avec les enfants du village.

Happy ”Black History Month !! 🖤❤️💚