Voyage de mémoire : rencontrer Madeleine TCHIKAYA

Un voyage de mémoire ou un voyage mémoriel est un voyage qui met en avant le patrimoine historique ou des personnes emblématiques qui ont laissé des traces indélébiles dans la vie d’une communauté, d’une nation…

Commen beaucoup de jeunes de ma génération, avant la lecturr du livre consacré à Madeleine TCHICAYA il y’a deux ans, écrit par Serge grah je ne savais pas grande chose de la vie de celle qu’on appelle affectueusement “la dame de fer“.


Je savais juste qu’elle est la première femme énarque de Cote d’Ivoire, sans plus.
Les informations glanées çà et là sur un internet sont insuffisantes pour celui qui veut approfondir ses recherches.
Ce livre est une vraie mine d’informations non seulement sur sa vie,mais également de la Côte d’Ivoire de son époque.
Madeleine TCHICAYA était l’une des grandes inspirations de mon père qui gardait précieusement une photo prise avec elle quand il était étudiant.
Le 28 avril dernier, elle célébrait 91 ans d’une inspirante et utile existence.

C’est une dame pleine de vie qui ne fait pas du tout son âge que nous trouvons dans sa maison à oumé où elle vit et retraite paisible depuis plusieurs années.

Madeleine YAO KACOUBLA naît dans la Côte d’Ivoire années 30 ou scolariser une fille à cette époque relevait de la folie.

Faisant fi des moqueries de son entourage son père bien qu’illettré tient à inscrire à l’école.

C’est au lycée jeunes filles de Bingerville en 1946 qu’elle obtint le baccalauréat en en figurant parmi les meilleurs élèves de l’école, mais ne fit pas à la surprise de tous partie des compagnons de l’aventure 46.

Cette cohorte de jeunes Ivoiriens excellents envoyés en France par Félix Houphouet Boigny pour continuer leurs études.

Son père la fit partir avec ses propres moyens.

En France pour parachever ses études après être rentrée à l’école pratique de la fonction publique, elle obtint une bourse d’études pour les Etats-Unis.

L’École nationale d’administration ouvre dans le même temps à Abidjan et l’état de Côte d’Ivoire lui fait une grande faveur : lui accorder la possibilité de présenter le concours pour le cycle supérieur depuis les USA ou elle fut donc enfermé à double tour dans un bureau de l’ambassade de Côte d’Ivoire…

Admise sans surprise à l’annonce des résultats, elle devint ainsi parmi une vingtaine d’hommes la première femme énarque de Côte d’Ivoire en 1965 et sort major de cette promotion !

Après une courte carrière dans l’administration, elle quitte le ministère du tourisme pour se lancer dans le secteur privé dans une entreprise de négoce ou son abnégation, son honnêteté et ses valeurs de rassembleuse firent d’elle une employée incontournable…

À oumé, c’est avec un peu d’hésitation que lui pose des questions sur ses frustrations évoquées dans le livre de Serges GRAH.

Le fait de n’avoir pu réaliser son rêve d’être ambassadrice. À cette époque, on aurait traité le président de fou s’il l’avait nommé ambassadrice malgré qu’elle le méritât, les mentalités n’étaient pas encore prêtes pour accepter une femme à ce niveau de responsabilité.

Elle évoque également le retrait quasi forcé de sa candidature demandée par Houphouët-Boigny aux profits de madame AKA Anghui pour les élections à la présidence de l’AFI (Association des Femmes Ivoiriennes), les contraintes liées à une vie de politicienne qu’elle avait refusée.

Au-delà de sa vie, j’ai eu des réponses jusque dans les détails liées à certains faits non élucidés par des archives liées la colonisation, une époque qu’elle a pleinement vécue.

Quelle mémoire d’éléphant pour une femme de son âge !

-mémé, on fêtera les 100 ans en grande pompe ?

– ohhh non!

-ahi, pourquoi

-je veux partir,je suis fatiguée,je ne peux même plus travailler,et puis je veux voir mon mari,tous mes amis également sont partis…

-pardon reste un peu encore

-ok, comme tu as de gros bras,quand je ne pourrai plus marcher,tu viendra tous les matins me faire sortir de mon lit hein ! fit t-elle dans un grand rire généreux.

Madeleine TCHICAYA a inspiré son époque, changée la vie de certaines personnes par son charisme, son optimisme et à obtenu toute l’admiration et la fierté non pas d’une famille, mais d’un pays tout entier !

Le parcours singulier de Madeleine TCHICAYA devrait être enseigné afin que la génération actuelle en manque de repères et la postérité s’en inspire !

Elle est et restera un modèle pour toutes les générations…

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